Jeudi 12 juin 2008

On traverse enfin les Carpates pour arriver de l'autre cote, en plein pays saxon.

A Sibiu, Sighishoara et dans tous les petits villages aux alentours, on a pas mal de chance de se faire comprendre en parlant allemand : toute la region est encore peuplee par une communaute de nationalite allemande, descendants des enfants ensorcelés par le joueur de pipeau qui les fit disparaitre de Hameln en Allemagne au XIIIeme siecle...

Petites balades sympatoches a Sibiu (toute refaite a neuf depuis 2007, mais encore tres jolie), a Sighishoara (nettement plus touristique, mais quand meme vraiment jolie...) mais ce coup-ci, on evite Brasov, definitivement moins sympa et denaturee par l'industrie du tourismse.

Toits rouges, maisons aux couleurs pastelle jaune, bleu, rose, vert, ... rues pavées en plus ou moins bon etat, cigognes partout, touffes d'herbe dans les gouttieres tordues, un chat et un chien qui font la sieste, voila un peu de quoi ont l'air les cites saxonnes, sympa quoi!








On prolonge de deux jours notre petite halte dans le coin pour aller se balader de village en village dans l'arriere pays jeter un coup d'oeil aux citadelles fortifiees de chaque patelin construites pour se proteger des Turcs en 1400 et des brouettes. On entre alors vraiment dans la Roumanie "profonde" : entre deux villages, de chaque coté de la petite route goudronnée en mauvais état, les bois alternent avec les champs cultivés dans lesquels on voit charettes, chevaux tirant la charrue pour labourer le champ, familles entieres maniant la faux, troupeaux de moutons, de vaches, de buffles menés par le berger armé d'un fouet... bref, c'est la campagne, la vraie!


L'équipe de football amateurs du village

Voila a quoi ressemble notre petit dej' un peu tous les matins...


Dans chaque village, on tente d'entrer dans la citadelle, malheureusement souvent fermée et qui n'ouvre que pour l'office a l'église le dimanche. On reussit pourtant a en visiter quelques unes, quand la grand mere saxonne du village est la pour entretenir le jardin de l'eglise : c est donc l'occaz, une fois de plus (apres la Georgie et la Turquie!), de pratiquer l'Allemand et de faire la discussion avec elle...
Les deux octagenaires avec lesquelles on discute sont accueillantes comme tout et on reste bien une bonne demi heure a les ecouter parler de leur vie un peu particuliere.
Allemands n'ayant jamais vécu en Allemagne, parlant allemand, roumain et leur dialecte saxon, ils sont de moins en moins nombreux et a vrai dire, meme en voie d'extinction : 800 il y a 50 ans dans le village de la premiere, ils ne sont plus que 26 aujourd hui... Tout le monde est parti emigrer en Allemagne. Il reste cependant une petite lueur d'espoir car certaines familles saxonnes reviennent s'installer dans le coin depuis que la Roumanie est entrée dans l'Union Européenne.
La vie sous Ceaucescu, l'etouffement de la vie religieuse, les privations alimentaires, la vie n'a pas été facile. Depuis 1989, ca n'est pas moins difficile, car la communauté disparait tandis que le nombre de Tsiganes augmente tres vite. Les Roms semblent etre le pire cauchemar des deux vieilles femmes : voleurs, menteurs, paresseux, profiteurs, bagarreurs, le portrait n'est pas rose et autant dire qu'il n y a pas de melange...

Derriere les grands meres, il y a aussi les citadelles et les villages. Extraordinaire voyage dans le temps : enlevez les fils electriques et les quelques voitures qui trainent et vous etes remontés dans le temps...






 

 


La vieille horloge est HS...


Enfin, il est temps de faire route vers le Nord Est, direction la Republique de Moldavie, pour aller rendre visite a Vitalie et Tatiana, beaux parents d'Estelle, la soeur de Fabienne!

On traverse alors le pays Szecler (un peu comme le pays Saxon, mais la, c'est la version hongroise, un peu mons jolie mais drolement plus active), les Carpates encore une fois puis la Moldavie roumaine, pour arriver aux confins de l'Europe, délimitée par la riviere Prut...

Tres grand moment, la traversée du Prut... morts de rire, évidemment...

L'arrivée en Moldavie, on s'en souviendra.
Les formalités douanieres se passent tranquillement (plus facilement qu'en entrant en Armenie, quelques mois plus tot... on entre pourtant encore une fois dans l'ex URSS...) et au moment de franchir la derniere barriere et de fouler librement le sol moldave, c'est le drame... Depuis sa petite guérite, la militaire nous autorise a partir et actionne le lever de la barriere, je demarre, je passe, et tandis que nous sommes sous la barriere, la militaire ne regarde pas et l'actionne vers le bas... Le ciel nous tombe sur la tete et le toit du Berlingo est abimé. La poisse.

Apres avoir déja changé une portiere a nos frais apres un accident dont on n'etait pas responsables, voila que ca recommence. On fait alors le pied de grue et on reclame un responsable qui parle anglais. On nous repond que ca n'est pas leur probleme et qu il faut qu'on parte. En plus d'ignorer le probleme, ils nous accusent ensuite d'avoir demarré trop vite et d'etre rentrés dans la barriere alors qu elle se levait.
Une voiture passe et la Roumaine francophone demande quel est le probleme : elle nous explique alors qu on perd notre temps et qu on n'obtiendra jamais rien. D'apres elle, les douaniers a qui on a affaire sont moldaves mais font partie des "moldaves russifiés a 80%, des gens butés issus d'un mélange bien malheureux"...
Vitalie arrive alors en force avec son pote Vova et appelle la police. Une sorte de Sherif débarque alors et fait son constat : c'est la parole des militaires contre la notre... En gros, on s'attaque au gouvernement pour un peu de tole froissée, ca ressemble drolement a un combat perdu d'avance...
On finit au poste pour ecrire notre version des faits, c'est plutot rigolo, surtout qu'on sait bien que ca ne servira jamais a rien : le dossier sera oublié le soir meme, c'est évident.

Bon, les dommages sont mineurs donc le probleme n'est pas si grave. de toutes facons, c'est pour notre pomme.

On oublie vite les soucis en retrouvant Vitalie et Tatiana dans leur appartement de Balti (prononcer Beltz pour faire moldave) et en redecouvrant la Moldavie qu'on avait deja parcourue dans tous les sens il y a deux ans.
La soirée est digne des grandes fetes moldaves : attablés avec nos hotes ainsi que Vova et sa famille, on a devant nous une foultitude de plats cuisinés, de quoi nourrir un régiment, arrosés de vin et de Cognac moldave. Malheureusement pour moi, je fais partie des 3 hommes de la tablée... et les hommes sont censés boire : on descend donc a trois la bouteille de Cognac... de quoi etre bien Diguadao...

Notre petit séjour moldave dure 5 journées plutot bien remplies, entre balades a pieds, découverte du quotidien a Balti et repas plus que copieux... On visite l'université et on va suivre quelques instants le cours de solfege donné par Vitalie, on va jeter un coup d'oeil a l'ecole ou Tatiana enseigne le piano, on rend visite aux grands parents, on va faire la recolte des fraises dans le potager a quelques kilometres du centre ville (on remplit bien 5 gros seaux!), on part visiter la fabrique de Cognac de Balti (les vapeurs d'alcool rendent l'air quasi irrespirable!) car Tatiana a une copine qui y travaille, on y deguste du Cognac 20 ans et 50 ans d'age...


 

Souvent accompagnés par Tatiana qui a bouclé son année scolaire, on ne sort pas de Balti mais on y decouvre pas mal de choses qui nous etaient passées sous le nez il y a deux ans a l'époque du mariage.

 

Derniere soirée invités par Vova et sa femme Vika, on remet ca : on mange, on mange, on mange, on boit, on boit, on mange et on boit. Discussions en roumain et en francais, l'ambiance est magnifique! Vive la Moldavie!



 


 



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Samedi 7 juin 2008

Les campagnes électorales, en Roumanie, ca deconne pas... (Gata de luptă = Prêt(e) pour le combat)


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Mercredi 28 mai 2008
On quitte Istanbul le 14 mai, direction l'Europe, avec un berlingo beau comme un camion grace a sa belle portiere neuve, en remplacement de celle qui avait ete emboutie par une Lada a Tbilissi. On s'en tire pour pas trop cher... Ouf...

Le premier pays sur lequel on tombe une fois le bosphore passé est ... la Bulgarie.

On avait prevu de ne pas rester moult temps en Bulgarie, et finalement, ca tombe plutot bien car on ne reussit pas vraiment a tomber sous le charme du pays... Les paysages sont sympas, bien sur, et les monasteres orthodoxes sont tres jolis, mais on manque de temps pour aller denicher tous les petits coins sympas bulgares et puis en fait, on manque un peu de motivation et on a envie de se reposer un poil et de ne pas trop en faire pendant quelques jours...


Par dessus tout ca, on ne parvient pas a oublier notre combat épique contre le pompiste de Plovdiv qui, charmant et poilu comme un ours, tente par tous les moyens de nous arnaquer de 20% de la facture... Combat que nous finissons par gagner, non sans peine... apres 30 minutes de face a face sterile.

Que dire, egalement, des jeunes (et moins jeunes) BulgarEs que l'on voit dans les rues de Plovdiv et de Veliko Tarnovo, TOUTES sapees comme des demoiselles de la Rue saint Denis... De l'ado de 13 ans a la femme mure de 45 ans, le stereotype de la Bulgare est bien triste a voir... Habillee du moins de tissu possible, perchee sur des talons de 10cm, arborant coiffure et maquillage tels qu'elle ne se reconnait plus elle-meme dans le miroir, decolleté plongeant, bref, voila ce qu'on appelle communement une pouf, et le plus triste, c'est que 9 femmes sur 10 - facile - correspondent pleinement a ce stereotype...

Bref, la Bulgarie ne nous aura pas marqués beaucoup plus que ca...

Finalement, le meilleur moment de notre semaine bulgare, ce fut surement les 3h36 passees au fond du lit a l'auberge de Veliko Tarnovo a deguster le Bollywood qui m'avait ete offert a mon depart d'Oman : un vrai bonheur!

Tout de meme, quelques unes des rares photos bulgares
:



A Veliko Tărnovo, l allée montant a la citadelle en ruine, la croix d une pierre tombale et les annonces municipales des deces

De meme que le passage de la frontiere irano-armenienne, l'entree en Roumanie coincide avec un orage monstrueux... cette fois-ci, c'est la grele qui nous surprend alors qu on traverse le Danube : on a le temps de se refugier sous l'abri du dernier barrage de controle roumain avant que des grelons de 3 a 4cm de diametre s'abattent sur le toit des voitures... Encore jamais vu une pluie de météorites pareils!
Ca fait un vacarme tel qu'on ne s'entend plus hurler, le bitume devient blanc immaculé de debris de grelons fracassés, les garde-frontieres ne savent plus trop quoi faire, a part prendre des photos avec leurs telephones, bref, c est l'anarchie et c'est plutot rigolo!

Enfin, arrivée a Bucarest (prononcer Boucourechte pour faire roumain).

Sur les traces du précédent voyage de l été 2006, on se balade 3 journées pleines dans ce qui fut le 'Paris de l Est', avant que Ceausescu ne ravage le paysage.
La ville reste tout de meme tres sympa et les differentes epoques en ont fait un patchwork architectural composé de vieilles maisons style 1900, Belle Epoque, abandonnées, décrépies et envahies par la vegetation, de gigantesques ensembles soviétiques sur-bétonnés mais pour la grande majorité peu entretenus et qui ont plutot mal vieilli, et de nouveaux buildings modernes qui trouvent leur place esthétique au milieu de tout ca.
On y parcourt de petites rues pavées toutes tranquilles, toutes colorées et on y traverse de monstrueux boulevards a 6 voies de circulation, on y rencontre des petites églises orthodoxes épargnées au milieu des gros blocs de béton, et on y longe le canal (un poil) glauque qui tente de jouer le role de decors aquatique, a defaut de grand fleuve d envergure digne de ce nom (le Danube passe 70km au sud...). Enfin, on finit forcement par tomber sur LE monstre... la maison du Peuple, desormais appelée palais du Parlement, sorte de cube gris geant, au centre de la capitale, fantasme de Ceaucescu, realisé en 5 ans, deuxieme plus gros batiment du monde, a l interieur duquel, dit on, le dictateur avait lui meme un plan pour ne pas s y perdre...

Trois jours ne sont pas de trop pour prendre son temps a Boucourechte, et nous le prenons. On se paie meme le luxe d aller voir Indiana Jones en anglais sous tritré en roumain!

Derniere anecdote boucourechtoise et avis a la communaute homosexuelle
: certains Roumains ne semblent pas trop apprecier les homos... C est en tout cas la conclusion qu on tire de notre (courte) discussion avec un type qui nous aborde dans la rue pour me demander de facon plutot agressive si je suis gay (a cause de mon echarpe, qu il nous dit) avant de nous cracher dessus... Puisqu il insiste, on lui repond clairement et nettement (mais sans s enerver non plus, il est quand meme plutot baraqué...) et il semble alors confondu en excuses et tend la main : c est a notre tour de le snober, ce gustave a la noix.


Le canal de Boucourechte, un coin ravissant pour un picnic











La Casa Poporului, la Maison du Peuple, desormais Palais du Parlement depuis 1989

Scene de peche dans les 10 centimetres d eau croupie du canal boucourechtien

L eglise orthodoxe russe de la ville, la seule a ma connaissance... Les eglises orthodoxes russes et roumaines sont bel et bien distinctes



Vas-y, le lascar!

Le lendemain
route plein Nord vers les Carpates et, au dela, la Transylvanie. Il s agit de traverser les monts Făgăras : on emprunte donc la Transfăgărăsan, terrible route de montagne qui rappelle un peu la montee en voiture vers l Hotel Overlook dans 'Shining'. On grimpe, on grimpe, on passe sur le barage Vidraru, monumental, on dort au bord de sa retenue, on continue a grimper, grimper, grimper. Malheureusement, a quelques km du col, apres 80km de route depuis la vallée, on tombe sur... de la neige, beaucoup de neige... La route est bloquée et la (seule) pelleteuse chargée de deblayer le passage semble encore avoir du boulot jusqu a l automne.
On continue donc encore quelques kilometres a pieds, mais il faut se faire une raison et demi-tour pour arriver de l autre coté, dans les vertes collines du pays Saxon...

  Le barrage de Vidraru

Des decors qui changent beaucoup des montagnes arides d Oman...

Petite rando sur la route deserte en pleines Carpates, mais la neige empechera meme les pietons de continuer...



On redescend sur nos propres traces pour contourner le massif et rejoindre le pays saxon, les boules...


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Jeudi 22 mai 2008


Les dessous de notre voisin hollandais de camping, au petit matin. La tres grande classe.

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Lundi 19 mai 2008
Istanbul est une ville tentaculaire et il faudrait sans doute moult semaines pour en explorer tous les recoins... On profite donc de nos quelques jours au bord du bosphore pour voir ce qu on peut... et finalement surtout moi, car Fabienne se fait un petit aller retour vers Bruxelles admirer son tout nouveau neveu en l'espace de 3 jours.

3 journees passees donc dans differents quartiers dela ville, a me balader au hasard des rues, a m'asseoir pour boire un the ou a venir admirer le silence des mosquees de quartier. Et si possible loin de Sultanahmet, le quartier du bazaar, de Sainte Sophie et de la mosquee bleue, certes interessant mais ou l'on ne croise plus que des touristes etrangers, (on fait meme le concours de celui qui voit un turc le premier...) ce qui denature quelque peu la vie quotidienne stanbouliote.

Pas besoin de s'eloigner trop pour trouver des quartiers sympatoches! En fait, on avait gare le berlingo le premier jour un peu par hasard dans une petite impasse, a la limite entre le fameux Sultanahmet et le quartier tout proche d'Eminonu, deja nettement plus charmant : en dormant dans la voiture, je me fais reveiller par le vendeur ambulant de fruits et legumes qui huuUUurle la liste de ses produits, si ce n est pas par les enfants qui courent, qui jouent et qui braillent dans les rues de leur quartier.

Un petit tour a la mosquee la plus proche, ou les toilettes sont gratuites! (chose rare en Turquie, meme si ce n est jamais bien cher) - l'Imam est d'ailleurs tellement souriant et sympa que je paie finalement le double du prix habituel en faisant un petit don a la "paroisse" - puis un passage par la "boulangerie" du coin, ou j'achete mon petit dej, le fameux Borek, sorte de quiche aux nouilles tres bonne et plutot pas chere. Brossage de dents discret devant les passants un poil etonnes, et je pars.

Parfois difficile de se frayer un chemin dans la foule entre les livreurs qui poussent ou tirent leurs lourds chariots en bois, les vendeurs de fruits et legumes, les enfants qui font les cons (les rois de la rue...), les passants, les commercants sur le pas de leurs portes a regarder la vie passer, et les voitures qui font les 24h du mans au milieu de tout ca.

Les quartiers d'Eminonu (au sud de Sultanahmet), de Fener et de Balat (plus a l'ouest sur la Corne d'Or) sont les plus sympas, et de loin! Moult maisons en bois colorees en pleine decrepitude, certaines renovees et habitees,  rues pavees devalant les pentes raides, et a l'horizon dans l'axe des ruelles, le Bosphore apparait...

Je tombe par ci sur un marche, par la sur une mosquee, je me fais mon petit circuit a pieds, en metro et en bateau.






Dans les ruelles entre le bazaar et les quais de la corne d'or

Le drapeau est omnipresent dans toute la ville (en concurrence avec les couleurs du Galatasaray...)





Croisiere dominicale sur la corne d'or


Vendeur de pains au sesame dans les rues autour du bazaar



Dans le quartier de Fener, le fils du vendeur de legume et son pere...

Une dame en Tchador fait son marché

Terrasse d'un debit de thé, milieu d'apres midi


Les mosquees ottomanes sont extraordinaires de calme, de serenite et d'harmonie. Du fait du grand dome central et souvent de nombreux domes lateraux, le volume interieur est toujours impressionant, bien plus grand que celui de nos eglises etroites. Au sol, un tapis recouvrant toute la surface, decore de motifs representant les emplacements de priere, aux murs, au plafond et sur les piles, des calligraphies arabes remplacent les tableaux, fresques ou icones des eglises chretiennes : il est interdit par l'Islam de representer toute forme de vie animale dans les mosquees, on y trouve a la place les noms d'Allah, de Mahomet, ou certains versets du Coran (prononcer Kour'Anne).

Deux ou trois petits vieux sont toujours la quelque part, dans un coin ou a cote d'un pilier, pour recuperer leur retard sur la derniere priere qu'ils ont sans doute ratee : dans une precision de mouvement impressionnante, ils se prosternent deux fois pour toucher le sol avec leur front, se relevent, se re agenouillent, tout en murmurant du bout des levres, les yeux fermes, les Sourates du Coran et semblent repeter sans cesse le meme rituel, imperturbables.

Au fond, sur le mur vers lequel les fideles se tournent pour prier, le Mirhab est une petite reserve souvent decoree qui indique la direction de La Mecque, et devant laquelle l'Imam conduit la priere 5 fois par jour (tiens, d'ailleurs, en Iran, les Chi'ites ne priaient que 3 fois par jour). Les Turcs sont moult modernes, les horaires des prieres, qui changent chaque jour en fonction du soleil et de la lune, sont affichees sur ecran electronique...


Sainte Sophie

 

La Mosquee Bleue, voisine de la precedente


 



La balade aboutit finalement a la terrasse d'un des moult cafes bohemes a la mode du quartier nord de la rive europeenne, Beyoglu, pour lire, boire un ou deux coups et me reposer.

Tandis qu'au loin, le va et vient des bateaux continue dans le Bosphore :

 

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Lundi 12 mai 2008

Salut les loukoums,

ci dessous une petite galerie de portraits de petits vieux et de petites vieilles turcs, omniprésents dans le paysage urbain, en particulier autour des mosquées, assis à une table en buvant le thé entre deux prières...

sans doute les plus beaux personnages depuis notre départ! (et puis ils ont l'avantage de ne pas bouger trop vite, ce qui est fort pratique pour les prendre en photo...)



  Sur les bancs de Konya, devant la mosquée, chapelet en main



   Discussions et ablutions précédant la prière devant la mosquée Dönenler de Kütahya


La belle au bois dormant dans les petites ruelles d'İzmir...


Le vendeur de chapelets de la mosquée Beyazıt à İstanbul, sieste au soleil


Vendeuse de tissu au bazaar d'İstanbul


Le fumeur au turban


La vendeuse de grains pour les pigeons


Et pour finir, un petit coup de jeune...


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Samedi 10 mai 2008

Merhaba todos,

Apres moult silence depuis la Georgie, nous voila arrivés a İstanbul, de l'autre coté de l'anatolie, a cheval entre Asie et Europe, et du coup a peu pres au milieu du voyage...

La traversée de l'Anatolie s'est faite tranquilou, a trois, en un poil plus de deux semaines (ce qui est plutot court par rapport au gigantisme du pays, mais bon, on avait l'imperatif de l'avion de max...) de la cote de la Mer Noire a la Cappadoce puis remontee vers İstanbul via les jolies bourgades de Konya, Afyon, Küthaya et Bursa. L'objectif etait aussi de ne pas aller se frotter aux cotes de la Mediterranee, dont les payasages sont devisagés par les moultissimes installations balneaires bétonnées.

Les points forts qu’on retiendra de cette traversée en pays truc, c’est:

+   Notre premiere nuit, ou malgre l'interdiction, on tente le camping sauvage... Malheureusement, on arrive de nuit, ce qui nous empeche de choisir un endroit bien caché : juste le temps de manger, et nous avons le droit a une visite de la Jandarma, comme d hab avec treillis, rangers, lampes torche et mitraillettes, accompagnee des deux charmants riverains qui nous ont gentillement dénoncés...
L'incomprehension totale et notre gout commun pour la grande musique turque (Tarkan!) change la seance de controle des passeports en discussion plutot detendue... En tout cas, ils nous ont bien fait rire a éplucher le guide de la turquie en s arretant a chaque photo et en dechiffrant tous les mots du lexique (le mot "papier toilette" les a fait mourir de rire!) avant de transmettre par telephone a la centrale nos noms, prenoms, dates et lieux de naissance, ...etc... tous les renseignements des passeports jusqu’a la couleur des yeux!
İls finiront par nous escorter jusqu’a l'hotel le plus proche, charmant etablissement de passe, dont je recommande vivement les programmes de television, plutot crus...
 

+   Un petit bain dans la Mew Noiwe, un chouia froide... 

+   Trois-quatre jours en Cappadoce, Sud Est d Ankara. terrible souvenir : le musee en plein air de Goreme, ou on a le doux plaisir de plonger, pour la premiere fois depuis le debut du voyage, dans les foules de touristes, et encore mieux, dans les foules de touristes octagenaires allemands en voyages organisés... Le bonheur!
Heureusement, il suffit de partir a pieds dans les vallées aux alentours pour retrouver un peu plus de solitude et de tranquilité.
 



 




+   Les deux individus que l'on surprend en pleine seance pornographique dans la vallée d İlhara, en pleine nature, dans les broussailles. Evidemment, on a pris des photos.



+   L'İmam-Muezzin (il fait les 2!) de la mosquee de Beyşehir, qui vient nous ouvrir (lorsque l'epicier d'en face le previent par telephone que trois visiteurs sont dans le coın) et nous accueille dans la plus belle mosquee de toute l'Anatolie... Toute faite de bois, elle n'a rien a voir avec toutes les autres mosquees turques, de style otoman (dont Saınte Sophıe est un exemple). Ca change et ca fait du bien!
Au milieu du tapis de priere, alors que nous sommes seuls, l'İmam nous montre ses talents de Muezzin en direct : une voix puissante, vibrante, portee par un souffle impressionnament long... Habitues a l'appel a la priere massacré par la mauvaise qualité des haut parleurs, on reste cette fois ci subjugués par la beauté du direct.

+   En plein Konya, entre deux visites de mosquees, la naissance quouazi en direct par telephone du franco-moldave Raphael, le tout nouvel arrivé dans les familles Deboos & Popovici. Fabienne au summum de l'émotion et de la fébrilité...

+   Les danses de derviches tourneurs a Bursa... Tous les soirs, dans une petite loge, a lieu une ceremonie de priere et de danse, l'acces y est libre. On y trouve une vingtaine de spectateurs, dont une petite majorite de Turcs priant en suivant la celebration. Arrives la presque par hasard, on admire les jeunes apprentis danser, ou plutot tourner, car ils tournent et ils dansent comme des soleils craches, a toute vitesse sur un axe vertical imaginaire pendant 15-20 minutes... Pour finalement s'arreter net et ne pas se casser la gueule du tout. C'est nous qui sommes sur le cul! :-)





+   Un apero au coucher du soleil au bout de la petite jetée d un petit resto qui nous accueille pour la nuit, au bord du lac d Iznik.


+   Et evidemment, la traversée du Bosphore, le passage d Asie en Europe : un grand cap! Du pont suspendu, on voit a notre droite le detroit continuer vers la Mew Noiwe, et a notre gauche, la grande Constantinople, baignee par la Mer de Marmara...


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Mardi 22 avril 2008

J'espere ne blesser personne...
mais franchement, Erevan est loin d'etre la plus belle ville que j'aie pu voir... beton armé inachevé sur beton armé en decrepitude, seuls quelques jolies avenues et quelques jolies petites ruelles ont été épargnées par le rouleau compresseur sovietique. A part ca, la ville est super animee (un nombre impressionnant de bars, restos et piano-jazz) et la difference de niveau de vie avec les campagnes armeniennes est terrible!

Dieu sait comment, nous quittons la ville 2 jours plus tard avec un rouquin barbu sur le troisieme fauteuil du berlingo. a vrai dire il a l'air plutot inoffensif et malgre un humour parfois douteux, on decide de le garder.

Comme vous le savez surement ou bien surement pas, l'Armenie et la Truquie ne sont pas franchement potes ces derniers temps, et les postes frontieres entre les deux pays sont fermes. La route de Erevan a Istanbul passe donc par... la Georgie!


Sur la route de Yervan a Tbilisi : quelques decors de desolation post-apocalyptique-sovietique...

Le temps de faire un bout de route a travers le nord de l'Armenie et ses paysages formi- formi- formi- formidables, de visiter un ou deux jolis monasteres, finalement ce qu'il y a de plus joli par ici (voila enfin la  veri- veri- veri- veritable armenie!) et nous passons du coté géorgien.


Monasteres du nord de l'Armenie

Malgré le peu de temps passé dans le pays, la Géorgie nous réserve 3 des plus grands moments du voyage : Tbilisi, d'abord, est une ville extraordinaire!

Loin de tous les reliquats de l'ere sovietique auxquels on a ete habitues en armenie, on trouve ici une vieille ville de folie, fleurie, ensoleillee, vivante, en bois et en pierres : le bonheur! On s'y attarde finalement deux jours au lieu d'un seul, au grand bonheur de Nasi, notre charmante hote octagenaire, imposante et germanophone qui loue les chambres de sa belle demeure pour pas grand chose (mais qui n hesite pas a dire que mes pieds puent et qu'il est grand temps que je prenne une douche...).

Zoupla, une brochette de photos tbilisiennes :




Oui, bon le noir et blanc, c'est pas joyeux... mais c'est joli :-)

La deuxieme suprise, celle la plutot mauvaise, c'est une lada qui nous defonce une portiere alors qu'on venait de se garer dans la rue : j'ai beau lui avoir couru derriere dans les rues de Tbilissi, (et la rattraper grace a la circulation...) elle a fini par trouver un trou de souris et prendre la poudre d'escampette. on s'en tire avec une porte enfoncée, mais qui ferme quand meme : les complications sans constat avec la police du coin nous font renoncer a lancer les procedures...

La troisieme surprise, c'est la belle soiree passee a Bagdati, un petit village paumé dans les collines du sud ouest du pays ou, ayant trouvé le plus beau spot de camping sauvage du voyage, on se fait directement inviter a boire un coup par le professeur d'allemand du village...
De 19h jusqu'a pas d'heure, on enchaine alors les toasts, le pere de famille et nous trois, entourés de toute la famille, des voisins et des amis, des toasts a la sante de tout et de n'importe qui (toutes les occasions sont bonnes...) en levant tres haut le verre de rouge (puis de blanc) maison avant de l'enfiler cul-sec. L'ambiance est terrible : on parle allemand (de mieux en mieux au fur et a mesure qu on boit...), on picole sans cesse (farpaitement impossible de refuser un verre au pere de famille... sauf Fabienne qui a eu le droit de s'arreter, mais les hommes, eux, DOIVENT boire...) et on danse sans s'arreter, et a dire vrai, ni max ni moi ne nous souvenons vraiment de comment s'est termine la soiree...

Ripailles arrosees et germanophones!

Une photo prise par les minettes de la famille

Ce que je voyais reellement vers la fin de soiree...
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Samedi 12 avril 2008

De Dizin (dans les montagnes au nord de la capitale), nous repartons vers Tehran, d'ou nous prendrons la route le lendemain vers le Nord Ouest de l'Iran.
On compte revenir pas trop tard en ville pour aller diner avec 3 Iraniens qu'on a rencontres en arrivant en haut des pistes la veille, mais c'est sans compter sur la date : on est le 13eme jour de l'annee, et c'est traditionnellement LE jour ou TOUS les Iraniens sortent de chez eux pour aller picniquer a la campagne... Et ce jour la, on compte rentrer en voiture dans Tehran vers 18h...

Au lieu d'une heure, on mettra 4 heures a avancer au pas sur les routes de montagne blindees de voitures, Paykan et Peugeot en tete, circulant de front sur les toutes les voies de la chaussee (ne laissant aucune chance a ceux qui vont dans l'autre sens...), a se faire devisager encore un peu plus que d'habitude par toutes les familles voisines. L'ambiance reste bonne : malgre tous les cadavres de voiture arretes sur le côté de la côte, capot ouvert, pas mal de djeuns dansent sur le bord de la route, musique a fond et certaines filles les cheveux a l'air... (phenomene hyper rare!)

Malgre tout, on arrive a Tehran pour la soiree et on se fait inviter a diner par 3 gentils garcons, pilotes et tehniciens dans le domaine des avions. Soiree bien cool, bien qu'on fasse bien attention a ce qu'on dit, ne cernant pas bien leurs idees sur la societe iranienne.

Lendemain, route vers l'Ouest!

Qazvin d'abord, et les vallees des chateaux de assassins : verdure, torrents, arbres en fleurs... le bonheur! Les paysages ont desormais definitivement bien change par rapport aux regions plus au sud.



Vient ensuite Zanjan, par laquelle on fait un crochet rien que pour son bazaar, fameux, qui devrait etre ouvert, lui, maintenant que Norouz est passe!
Dans les allees, on se fait arreter par les passants, curieux de nous voir dans le coin. Certains parlent anglais, d'autres non, mais l'ambiance est bonne...




Apres quelques soucis avec les policiers pour cause de depassement interdit a 2 reprises ce qui nous vaut des menaces de fourriere (on devient du coup les rois du sourire beat et completement innocent du genre "bonjour monsieur l'agent, on ne comprend pas le farsi et qu'est ce qu'on a pu faire de mal?"), on traverse la chaine de l'Alborz vers la mer Caspienne. Faut quand meme bien aller y jeter un oeil...

Sur la plage de galets sur laquelle on arrive, on fait connaissance avec un poisson prehistorique echoue (on comprendra qu'il s'agit en fait d'un esturgeon!) puis avec une bande de pecheurs, qui nous invitent a prendre le the. On se compred difficilement, mais on comprend en tous cas que les Mollahs (ils font un signe de turban autour de la tete en rigolant tres fort) et leurs lois a la con, ca leur fait un belle jambe et que ca les empeche pas de picoler un bon coup...


Enfin, Tabriz, ou nous passons au bazaar acheter quelques derniers macarons, pistaches et epices. Derniere etape avant la frontiere, on en profite pour aller au cinoche... on comprend a peu pres tout a l'histoire de cette tres mauvaise comedie romantique choisie au hasard, mais le pus rigolo, c'est le cinema en lui meme : grande mais tres vieille salle, une dizaine de spectateurs seulement qui discutent a voix haute et qui s en vont quouaziment tous avant la fin!, des ouvriers qui passent avec une echelle en plein mileu de la seance, des souris derriere les rideaux rouges... Folklorique!

On passe la frontiere le 8 avril, d'Iran vers l'Armenie, apres avoir longe pendant une soixantaine de km la frontiere avec l'Azerbaidjan (zone plutot chaude, l'Armenie et l'Azerbaidjan se sont battus il y a quelques annees pour des questions territoriales).
La scene est assez impressionnante : le (seul) poste frontiere se trouve sur les flots tumultueux de l'Araxe, ex-frontiere entre l'Iran et l'URSS et encaissé dans des montagnes dechiquetees. Au moment ou on approche la zone, l'orage eclate et les monstrueux nuages noirs nous deversent des seaux d'eau sur la tete tandis qu'une lumiere jaune traverse les trombes de grele et eclaire les falaises qui nous surplombent, et nous pauvres gus, on court a gauche a droite pour attraper tous les tampons necessaires...

On est enfin autorises a traverser : on double alors les camions iraniens qui font la longue queue pour passer de l'autre cote du pont, ou attendent des soldats, des herses et des bergers allemands, d'autant plus que ces soldats ne sont pas armeniens, mais russes! Ambiance James Bond a mort!

Apres moult attente (le soldat russe qui monte la garde al'extremite du pont refuse d'ailleurs negligemment les cookie de Fabienne...), on obtient le visa et on se fait fouiller la voiture de fond en combles, ce qui ne s'averera finalement qu'une grosse comedie pour nous extirper 3 ou 4 dollars...

La frontiere a beau etre une ligne imaginaire, le choc est terrible : l'Iran et l'Armenie sont 2 pays completement differents, mais alors completement differents. Les paysages de l'autre cote de l'Araxe sont vertigineux, alpins, verts, enfin rien a voir avec la region de Tabriz... Les villes sont lugubres, glauques : l'architecture sovietique a detruit tout ce qu'il pouvait y avoir de vieux village a coup de beton arme. Pas de vie, pas de commerce, trop peu de monde dans les rues : ca change par rapport aux bazaars iraniens!

Seul point positif : les femmes et les filles sont devoilees, et ca, ca fait plaisir a voir!


La route vers Yerevan serpente dans le long couloir armenien entre les deux parties du territoire azerbaidjanais dans un decor de haute montagne : on y visite deux jolis monasteres et on y fait connaissance avec quelques Armeniens qui, au milieu de nulle part en pleine montagne, nous offrent notre premier verre d'alcool depuis moult temps : ce sera une vodka cul sec!


L'orage nous surprend en pleine montagne : ils nous invitent alors a la maison, pour se rechauffer aupres du poele et dormir dans un bon lit...



par pel publié dans : TrıP bAcK tO fRaNce
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Vendredi 4 avril 2008

Isphahan...
Le nom est un peu mythique, mais on revient vite sur terre quand, au bout de 2h30 de route plein ouest depuis Yazd, on approche l'agglomeration dans notre super berlingo, au milieu d une circulation plutot dense : la ville est la destination preferee des Iraniens pendant les 13 jours de jours feries de Norouz, la fete du nouvel an. Autant dire qu on n'a encore jamais vu autant de monde... et toujours aussi peu de touristes etrangers! a croire que les tour operators sont refroidis par les hotels bondes et les bazaars vides.

On gare le bolide et on se ballade au hasard des rues, on voit un peu de tout, mais on remarque surtout qu ici, les femmes et les jeunes femmes ne portent plus systematiquement le tchador... elles ont en general tendance a minimiser autant que possible le tissu qui couvre leurs cheveux : ce n'est parfois que le chignon qui se retrouve sous le petit voile couleur rose flashouille! Une blouse cintree au max remplace le grand tissu noir et ample, moulant du coup tout ce qu il y a de moulable... :-)

La ville est super animee, mais le Bazaar, tout comme celui de Yazd, reste desesperement vide, en pleine periode de Norouz. Ca a aussi ses inconvenients...

La mosquee du Shah, enfin, de l'Imam...

 

La Mosquee Jameh, la mosquee du vendredi

 

Le bazaar pendant Norouz


Au cours de nos visites, on rencontre quelques iraniens, de toutes les formes et de toutes les couleurs...

Assis a une table dans une jolie maison de the toute proche de la place de l'Imam (anciennement place du Shah, appelation que les gens ont l air de preferer, mais chut, il faut pas le dire tout haut), on fait connaissance avec notre voisine et ses deux enfants de 15 ans : ils sont tres sympas et la mere n'hesite pas a nous mettre en garde de ne pas faire la meme erreur qu'elle : mariee a 14 ans, elle a eu ses enfants "trop tot" et son seul desir maintenant est de tout faire pour que cela n arrive pas a sa fille... En 1979, a la revolution islamique, l'age legal du mariage en Iran a ete abaisse a 9 ans pour les filles (et est remonte a 13 ans depuis)... autant dire qu elles n ont pas leur mot a dire. Son discours est tres clairement critique vis a vis du regime, et elle n est pas la seule iranienne a penser comme ca.

Outre les vendeurs de tapis toujours pres a boire une tasse de the et les moult Iraniens curieux de nous voir parmi la foule locale, notre grande rencontre a Isphahan, c'est dans une petite ruelle du quartier armenien, juste derriere la plus grande eglise d'Iran : Reza, Iranien francophone d'une quarantaine d'annees, nous demande son chemin.
Quand il voit qu on est francais, il nous invite a faire un tour dans sa voiture.
Quand il apprend que Fabienne est clamartoise et a habite a Chaville, tout comme lui pendant 15 ans, il nous invite chez sa mere!
Nous voila donc a toute berzingue dans Isphahan, a discuter en francais avec Reza qui bien que ayant ete marie a une francaise pendant une dizaine d'annees sait largement conduire comme un iranien qui se respecte, en anglais avec son cousin, Iranien immigre en Californie depuis 30 ans et en visite en Iran pour la troisieme fois seulement depuis.
Pour eux, Iraniens ayant eu une longue experience a l'etranger, c'est clair et net : l'Iran n'est plus ce qu'il etait il y a 30 ans. Le peuple a tout perdu depuis l'arrivee de l'Imam Khomeini et des integristes au pouvoir en 1979 : les libertes individuelles sont virtuelles, voire inexistantes pour les femmes. Sans parler du gouvernement actuel...
On prend le the avec eux, chez et avec la mere de Reza : ravie de nous accueillir, elle demande a Fabienne d'enlever ce foutu voile sous son toit :-) ce que Fabienne fait avec le plus grand plaisir...
L'apres midi est tellement sympa qu on decide de remettre ca pour le soir : lorsqu on se retrouve le soir, Reza sort du placard pour l'occasion ... une bouteille de Gin!
On boit un verre ou deux, mais on essaie de rester raisonnable, pour eviter de tituber en sortant de chez lui...
terrible, cet attrait pour les interdits...

Enfin, route vers la capitale, Tehran.

Une nuit au milieu de nulle part entre Kashan et Qom : au milieu de la nuit, on frappe au carreau, derriere les rideaux. Gloups, on etait pourtant seuls au milieu de la lande. On jette un oeil : merde, les flics. aieaieaieaie.
Tandis que Fabienne essaie de se couvrir autant qu'elle peut, je sors, en calecon a pois, la grande classe! et je fais face aux uniformes kaki, kalashnikovs et autres lampes torche en pleine tronche. Tout ca la tete profondement dans le cul. Controle des passeports, des visas et des papiers de la voiture : ils nous demandent de les suivre... On fait 10 minutes de route dans la pampa et heureusement, ce ne sera que pour nous amener devant leur caserne pour qu on dorme la, en toute securite, sous la protection du soldat de garde et de son arme automatique...

Tehran.
On nous avait mis en garde et heureusement on a eu le temps de s'habituer en crescendo depuis le debut de notre traversee du pays : c'est a Tehran que les Iraniens conduisent le plus mal...
En realite, quand on considere le bordel ambulant qui regne sur la chaussee, les depassements a gauche ou a droite, les ronds points qu on prend dans un sens ou dans un autre, les coups de klaxon pour se faire une place, les contre sens et les feux rouges plus que facultatifs, et quand on considere qu'on n'a toujours pas vu un seul accident,  ON SE FAIT UNE RAISON : EN FAIT LES IRANIENS CONDUISENT
TRES BIEN!

Bon a part ca, Tehran est une ville plutot moche, et on ne s'y attardera pas. D'autant plus que, tout comme a Yazd et a Isphahan, le bazaar est toujours et encore viiiiide...


Facade classique dans le sud de Tehran


Facade super classique : Portrait geant de l'Imam Khomeini et de son successeur l'Ayatollah Khameini sur un immeuble de Tehran


On visite tout de meme un musee ou deux, histoire de.
La plus belle chose que l'on y ait vu, c'est dans le livre d'or du museum of Iran :




Non, au lieu de rester a tourner en rond sous le nuage de pollution de la capitale, on prefere plutot faire comme les jeunes branches : partir skier a Dizin, la derniere station de ski ou il reste de la neige!

Yallah! On fait monter le berlingo a 3500m d'altitude, et apres une nuit au chaud dans le froid (a nouveau interrompue par un petit controle des passeports...), on ouvre les portes le lendemain matin pour voir... qu'il a neige!


 

Seule journee de ski de l'annee : on en profite encore 10 fois plus...




par pel publié dans : TrıP bAcK tO fRaNce
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