

vOiCi,
La, eN dEssOuS,
uN pEtiT aPeRCu dEs mOdESteS aVEntUreS du pEL aU pAyS dEs bEdOUinS...
On traverse enfin les Carpates pour arriver de l'autre cote, en plein pays saxon.
A Sibiu, Sighishoara et dans tous les petits villages aux alentours, on a pas mal de chance de se faire comprendre en parlant allemand : toute la region est encore peuplee par une communaute de
nationalite allemande, descendants des enfants ensorcelés par le joueur de pipeau qui les fit disparaitre de Hameln en Allemagne au XIIIeme siecle...
Petites balades sympatoches a Sibiu (toute refaite a neuf depuis 2007, mais encore tres jolie), a Sighishoara (nettement plus touristique, mais quand meme vraiment jolie...) mais ce coup-ci, on
evite Brasov, definitivement moins sympa et denaturee par l'industrie du tourismse.
Toits rouges, maisons aux couleurs pastelle jaune, bleu, rose, vert, ... rues pavées en plus ou moins bon etat, cigognes partout, touffes d'herbe dans les gouttieres tordues, un chat et un chien
qui font la sieste, voila un peu de quoi ont l'air les cites saxonnes, sympa quoi!
On prolonge de deux jours notre petite halte dans le coin pour aller se balader de village en village dans l'arriere pays jeter un coup d'oeil aux citadelles fortifiees de chaque patelin construites pour se proteger des Turcs en 1400 et des brouettes. On entre alors vraiment dans la Roumanie "profonde" : entre deux villages, de chaque coté de la petite route goudronnée en mauvais état, les bois alternent avec les champs cultivés dans lesquels on voit charettes, chevaux tirant la charrue pour labourer le champ, familles entieres maniant la faux, troupeaux de moutons, de vaches, de buffles menés par le berger armé d'un fouet... bref, c'est la campagne, la vraie!
L'équipe de football amateurs du village
Dans chaque village, on tente d'entrer dans la citadelle, malheureusement souvent fermée et qui n'ouvre que pour l'office a l'église le
dimanche. On reussit pourtant a en visiter quelques unes, quand la grand mere saxonne du village est la pour entretenir le jardin de l'eglise : c est donc l'occaz, une fois de plus (apres la
Georgie et la Turquie!), de pratiquer l'Allemand et de faire la discussion avec elle...
Les deux octagenaires avec lesquelles on discute sont accueillantes comme tout et on reste bien une bonne demi heure a les ecouter parler de leur vie un peu particuliere.
Allemands n'ayant jamais vécu en Allemagne, parlant allemand, roumain et leur dialecte saxon, ils sont de moins en moins nombreux et a vrai dire, meme en voie d'extinction : 800 il y a 50 ans
dans le village de la premiere, ils ne sont plus que 26 aujourd hui... Tout le monde est parti emigrer en Allemagne. Il reste cependant une petite lueur d'espoir car certaines familles saxonnes
reviennent s'installer dans le coin depuis que la Roumanie est entrée dans l'Union Européenne.
La vie sous Ceaucescu, l'etouffement de la vie religieuse, les privations alimentaires, la vie n'a pas été facile. Depuis 1989, ca n'est pas moins difficile, car la communauté disparait
tandis que le nombre de Tsiganes augmente tres vite. Les Roms semblent etre le pire cauchemar des deux vieilles femmes : voleurs, menteurs, paresseux, profiteurs, bagarreurs, le portrait n'est
pas rose et autant dire qu'il n y a pas de melange...
Derriere les grands meres, il y a aussi les citadelles et les villages. Extraordinaire voyage dans le temps : enlevez les fils electriques et les quelques voitures qui trainent et vous etes
remontés dans le temps...
La vieille horloge est HS...
Enfin, il est temps de faire route vers le Nord Est, direction la Republique de Moldavie, pour aller rendre visite a Vitalie et Tatiana,
beaux parents d'Estelle, la soeur de Fabienne!
On traverse alors le pays Szecler (un peu comme le pays Saxon, mais la, c'est la version hongroise, un peu mons jolie mais drolement plus active), les Carpates encore une fois puis la
Moldavie roumaine, pour arriver aux confins de l'Europe, délimitée par la riviere Prut...
Tres grand moment, la traversée du Prut... morts de rire, évidemment...
L'arrivée en Moldavie, on s'en souviendra.
Les formalités douanieres se passent tranquillement (plus facilement qu'en entrant en Armenie, quelques mois plus tot... on entre pourtant encore une fois dans l'ex URSS...) et au moment de
franchir la derniere barriere et de fouler librement le sol moldave, c'est le drame... Depuis sa petite guérite, la militaire nous autorise a partir et actionne le lever de la barriere, je
demarre, je passe, et tandis que nous sommes sous la barriere, la militaire ne regarde pas et l'actionne vers le bas... Le ciel nous tombe sur la tete et le toit du Berlingo est abimé. La
poisse.
Apres avoir déja changé une portiere a nos frais apres un accident dont on n'etait pas responsables, voila que ca recommence. On fait alors le pied de grue et on reclame un responsable qui
parle anglais. On nous repond que ca n'est pas leur probleme et qu il faut qu'on parte. En plus d'ignorer le probleme, ils nous accusent ensuite d'avoir demarré trop vite et d'etre rentrés dans
la barriere alors qu elle se levait.
Une voiture passe et la Roumaine francophone demande quel est le probleme : elle nous explique alors qu on perd notre temps et qu on n'obtiendra jamais rien. D'apres elle, les douaniers a qui on
a affaire sont moldaves mais font partie des "moldaves russifiés a 80%, des gens butés issus d'un mélange bien malheureux"...
Vitalie arrive alors en force avec son pote Vova et appelle la police. Une sorte de Sherif débarque alors et fait son constat : c'est la parole des militaires contre la notre... En gros, on
s'attaque au gouvernement pour un peu de tole froissée, ca ressemble drolement a un combat perdu d'avance...
On finit au poste pour ecrire notre version des faits, c'est plutot rigolo, surtout qu'on sait bien que ca ne servira jamais a rien : le dossier sera oublié le soir meme, c'est évident.
Bon, les dommages sont mineurs donc le probleme n'est pas si grave. de toutes facons, c'est pour notre pomme.
On oublie vite les soucis en retrouvant Vitalie et Tatiana dans leur appartement de Balti (prononcer Beltz pour faire moldave) et en redecouvrant la Moldavie qu'on avait deja parcourue dans tous
les sens il y a deux ans.
La soirée est digne des grandes fetes moldaves : attablés avec nos hotes ainsi que Vova et sa famille, on a devant nous une foultitude de plats cuisinés, de quoi nourrir un régiment,
arrosés de vin et de Cognac moldave. Malheureusement pour moi, je fais partie des 3 hommes de la tablée... et les hommes sont censés boire : on descend donc a trois la bouteille de Cognac... de
quoi etre bien Diguadao...
Notre petit séjour moldave dure 5 journées plutot bien remplies, entre balades a pieds, découverte du quotidien a Balti et repas plus que copieux... On visite l'université et on va suivre quelques instants le cours de solfege donné par Vitalie, on va jeter un coup d'oeil a l'ecole ou Tatiana enseigne le piano, on rend visite aux grands parents, on va faire la recolte des fraises dans le potager a quelques kilometres du centre ville (on remplit bien 5 gros seaux!), on part visiter la fabrique de Cognac de Balti (les vapeurs d'alcool rendent l'air quasi irrespirable!) car Tatiana a une copine qui y travaille, on y deguste du Cognac 20 ans et 50 ans d'age...
Souvent accompagnés par Tatiana qui a bouclé son année scolaire, on ne sort pas de Balti mais on y decouvre pas mal de choses qui nous etaient passées sous le nez il y a deux ans a l'époque du mariage.
Derniere soirée invités par Vova et sa femme Vika, on remet ca : on mange, on mange, on mange, on boit, on boit, on mange et on boit.
Discussions en roumain et en francais, l'ambiance est magnifique! Vive la Moldavie!
fred