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oMaN

Voila comme promis, apres les taureaux de Barka, bah voila les chevaux de Bahla!

Et cette fois ci encore, completement improvisé! Un petit week end du côté de Nizwa dans l'intérieur du pays, de l'autre côté des montagnes avec Fanfan et Yves, et paf, vlatipa qu'on tombe sur Déborah (de la mission économique) et Toufan (son copain turc super sympa) qui nous parlent des courses de chevaux qui s'organisent l'apres midi meme a une cinquantaine de bornes de la, du côté de Jibrin, pour les connaisseurs. ils ont vu ca dans un canard local et à ce qu'il parait, ca n'est pas vraiment fréquent comme démonstration, alors c'est l'occaz!

Ni une ni deux, pourquoi pas ca a l'air sympa, donc on n'hésite pas, on les suit. Apres quelques dizaines de minutes a chercher l'endroit ou ca se trouve, on demande aux gens dans la rue, ils nous disent de continuer encore qq km, puis de tourner a gauche puis de prendre une piste par ci puis une autre par la, tactac, pas si simple, mais on finit par y arriver!

Et voici, en quelques images, ce aue nous avons pu y voir : beaucoup de chance, tout de même, vu que d'apres qq locaux avec qui j'ai discuté, cela n'arrive qu'une fois tous les 2 ou 3 ans...

undefined La grande classe!

undefined Celui la n'a meme pas 14 ans!

undefined Père et fiston

undefined Hue Tornado!

undefined Qq photos d'une brochette d'enfants, tandis que je discute avec le père de famille, ravi de rencontrer un francais (tellement peu...) arabophone...
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undefined La plus belle petite fille du monde!

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undefined Le regard fier, peu avant le départ...

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undefined Un spectateur, vraiment bonne bouille!

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undefined Le plus dur, c'est qu'ils n'ont pas d'étriers : Autant dire qu'ils ont intérêt à porter des slips!

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undefined Beaucoup de monde pour admirer les chevaux et les cavaliers... yavait tout de meme une centaine de chevaux!

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undefined Yallah!

Mardi 29 janvier 2008
- Ecrire un commentaire - Par pel
bonjour tout le monde!

retour en oman cette fois ci avec une petite visite improvisée du côté de Barka, 60km à l'ouest de Mascate, sur la côte, où sont organisés de temps en temps des... combats de taureaux!

Sans vraiment connaitre l'endroit exact où les combats ont lieu, Luc et moi nous dirigeons en voiture et à l'instinct, mais surtout à l'aide des quelques indications des Omanais à qui on demande notre chemin (avec leurs trois mots d'anglais plus mes trois mots d'arabe, on finit par se comprendre un minimum!)...

Après pas mal d'hésitations à travers les rues du charmant patelin de Barka, nous arrivons finalement devant une arène d'une centaine de mètres de diamètre entourée de gradins de quelques marches de haut presque remplie de spectateurs, quasi tous omanais! A l'intérieur du cercle, dans le sable, sont plantés plusieurs piquets auxquels sont attachés une trentaine de véritables monstres... ces taureaux sont énoooOOOoormes! Ces mastodontes m'arrivent à l'épaule pour les plus gros (donc l'échine à 1,60m de haut...), sont surmontés d'une bosse impressionnante (du genre zébu) et ont souvent des cornes  qui forcent le respect...

Nous nous installons parmi l'assemblée qui regarde attentivement le spectacle : les taureaux sont détachés par leurs propriétaires puis amenés deux par deux vers le centre (deux bonshommes suffisent des fois à peine à les tenir en laisse...) puis sont lachés : ils se ruent diectement l'un sur l'autre, cornes contre cornes et le choc est parfois plutot violent!
Les combats ne sont jamais tres longs, pas plus de 5 minutes, le perdant étant celui qui pose le premier un genou à terre ou qui fuit son adversaire. Ca n'est donc quouaziment pas sanglant, la pire des blessures étant en général une grosse blessure d'amour propre pour le perdant (et pour son propriétaire...).

A priori, pas de pari, évidemment, l'islam interdit tout jeu d'argent. mais il n'est pas impossible que le vainqueur de la session y gagne tout de meme quelque chose...

De 16h à 18h, les combats s'enchainent et le public aime ça! Des petites scenes de panique ponctuent le spectacle, lorsque le combat s'emballe un peu et que les deux monstres accélèrent vers la première rangée de spectateurs, assis immédiatement autour du centre dans le sable... tout le monde déguerpit en vitesse quand les taureaux de 900kg leurs tombent dessus!

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un jeune omanais reste zen, à quelques mètres du choc des titans...

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L'assistance a l'air d'être pas mal absorbée par le spectacle, certains y ont des intérets (d'honneur?)

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mine de rien, le noir pourtant plus petit, colle une sacrée raclée au gros gris... les gens assis juste derrière se sont levés en catastrophe pour éviter le rouleau compresseur

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cette année, la mode est à la dishdash de couleur chaude... la grande classe!

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tête contre tête, cornes contre cornes, comme dans le miroir

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le public est en moyenne quand même assez âgé, même si les ptits jeunes prennent goût à la tradition

Voilà!
Prochaine étape, après les taureaux de Barka, les chevaux de Bahla!

A bientot les frenchies
pel
Samedi 26 janvier 2008
- Ecrire un commentaire - Par pel
Eid Mubarak tout le monde, à savoir Joyeux Eid!

Oui, car pour ceux qui ne suivent pas tres assidûment le calendrier religieux musulman, samedi dernier, c'était l'Eid-El-Fitr : la "petite fête" (par opposition à l'Eid-El-Kebir, la "grande fête", qui aura lieu dans 2 mois et 10 jours) qui marque la fin du mois sacré du Ramadhan, mois de Jeûn. Du coup, c'est la grosse fête et pour l'occasion, et bah le sultan distribue les jours de congé comme des petits pains, sauf que comme d'hab, on n'est au courant que deux ou trois jours en avance...

J'ai donc appris deux jours avant le week end dernier que la semaine suivante ENTIERE etait fériée pour le public et qu'il y aurait au moins trois jours de congés pour le privé... sachant que je travaille énormément avec le ministère des ressources en eau, je me retrouve du coup avec pas mal de jours off inattendus mais quand même bienvenus!

Branle-bas de combat! C'est l'occasion ou jamais d'enfin réaliser le projet en gestation depuis moult temps : partir 4 jours vers le Sud et la côte Est pour aller explorer encore un peu plus loin les lointaines contrées omanaises!
D'autres ayant déjà des plans de prévu, ca sera en tête à tête avec jd (jean damien, informaticien-glandeur à la mission économique) que je prendrai la route : le parcours est vaguement prévu, je trouve un 4x4 gratuit grace à mes petites combines locales, on fait les courses pour 4 jours, on étudie rapidement les étapes dans les guides et sur internet (on part dans une zone peu décrite dans les guides) et on décolle!
 

Grosso Modo, ça a ressemblé à ça :

trip-Eid.jpg Départ de Mascate (au nord) vers Nizwa (à l'ouest), descente vers l'île de Mazirah, tour de l'île (en rouge), remontée dans le sable (en vert) vers Ras Al Jinz (pointe Nord Est), puis retour à Mascate via le wadi Shab.

Jeudi matin, départ vers Nizwa, LA ville de l'intérieur à 170 km de Mascate, où nous traversons le souk aux bestiaux (en particulier beaucoup de vaches! alors qu'on en voit peu dans le pays... elles sont toutes ici!), balade dans la ville, petite visite du vieux fort restauré et photos de la belle mosquée.

LA ville de l'intérieur, car c'est quouaziment la seule vraie ville qui n'est pas sur la côte. C'est un patelin plutot rustique avec un petit centre ville sympa le matin quand il y a de l'activité.

071011-007.jpg Le souk aux bestiaux de Nizwa (sur la fin)

071011-052.jpg La mosquée vue du haut du fort

071011-061.jpg Une peugeot à Nizwa!

071011-010.jpg L'entrée de la ville

Sans perdre trop trop de temps, re-décollage vers 12h pour longer de loin le désert de sable des Wahibas (wahiba Sands) et arriver sur la côte Est à la hauteur de l'île de Mazirah.

Sur le chemin, on trouve quelques ossements au milieu du désert, et un magnifique crâne de bélier  se retrouve fixé à l'avant du capot de la voiture, ce qui nous assure un look "crocodile dundee", bref la vraie classe baroudeur-beauf!

071011-022.jpg La grande classe!

La route entre Nizwa et Jazirat Mazirah (l'île de Mazirah) est plutôt monotone : rectiligne, plate, au beau milieu d'un grand désert de cailloux, ci et là parsemé de petits arbustes maigrichons et de bosquets touffus. On sent le désert de sable proche sur le côté gauche de la route : lorsque le vent se lève, des bourrasques pleines de sable balayent la route, ce qui donne l'impression un peu surnaturelle de rouler sur un tapis mouvant de sable.

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Au bout de 4h de route, enfin, nous arrivons sur la côte qui à cet endroit, a été amménagée par les quelques rares habitants en marais salants : la dernière ligne droite se trouve donc légèrement en hauteur avec de part et d'autre de grandes étendues immensément plates et blanches (et même roses par endroit!).

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071011-210.jpg Non pas de la neige, mais bien du sel!

Arrivés un peu tard pour le dernier bac en partance vers l'île, on décide de longer un peu la côte avant le coucher du soleil pour se trouver un petit coin tranquille et poser le campement.

Soirée peinard, autour du feu sur la gigantesque plage déserte, bien installés au fond des deux fauteuils ikea que j'avais embarqués le matin même de chez moi (on arrête pas le confort!), à écouter les vagues et à regarder l'un des plus beaux ciels étoilés que j'aie jamais vus...

Lendemain matin, on se fait presque réveiller par 5 jeunes Omanais venus du village voisin nous rendre visite pour voir un peu la tête des campeurs... L'un d'eux est plutôt touche-à-tout et à vrai dire casse-couille, tandis que les deux aînés sont plutôt simplement curieux et tentent d'engager la conversation et que les deux ptits jeunes font les pitres dans tous les sens.
Malgré nos trois mots d'arabe et leurs quatre mots d'anglais, on réussit à parler football (Zidane est sans doute le type le plus connu du monde entier...), à parler Ramadhan (on en est alors au dernier jour) et à parler d'Oman en général... puis c'est l'heure de prendre quelques photos avant de partir prendre le bac pour l'île! Malheureusement, ni adresse email, ni adresse concrete pour les ptits gars, ils n'auront pas les photos... Bien dommage.

071011-028.jpg L'ainé prend son portrait très au sérieux...

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071011-011.jpg La petite troupe au complet

Arrivés au quai perdu au milieu de nulle part, d'où partent les bateaux vers Mazirah, nous attendons pas mal de temps que le bac soit plein... De quoi mettre genre 12 voitures en gros. Viennent ensuite 1h30 de traversée sur ce gros tas de ferrailles à échanger des coups d'oeil malicieux avec les enfants dans les voitures voisines ou à tenter de discuter avec les omanais natifs de l'île :

071011-206.jpg jd tape la discut' pendant la traversée

L'île n'est pas complètement déserte : sur ses 80 km de long et 20 de large, un gros village de 9000 habitants à la pointe nord, une base del'armée américaine et une (seule) route goudronnée toute récente... A part ça, seules quelques barraques de pêcheurs jalonnent le long de la côte, plus ou moins abandonnées. On passe l'après-midi à explorer le rivage sans vraiment rentrer dans l'intérieur, fait de petites collines déchiquetées difficilement pénétrables.

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Ces deux flamands roses sont quasiment les deux seuls habitants de l'île qu'on ait croisés!

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A nouveau une bonne soirée sur une longue plage déserte, à l'extrême sud de l'île, avec pour toute compagnie des sortes de bernard lhermittes  bizarroïdes...

071011-166.jpg Voici Bob, qui connaitra malheureusement une fin tragique... sans commentaire :-(

Lendemain, réveil aux aurores, la grande journée critique nous attend : il s'agit de rejoindre avant 18h (heure du coucher du soleil) Ras-Al-Jinz, pointe Nord-Est d'Oman, pour y retrouver Johann, un copain français de Dubaï venu en Oman avec ses potes pour l'Eid. La route promet de ne pas forcément être facile, sachant qu'il n'y a pas vraiment de route pour la première partie de ces 250km, qu'on traverse un vrai désert de sable avec de gigantesques dunes et que la seule chose que l'on sait, c'est qu'il faut grosso modo longer la côte...

Autant vous dire que Johnny Halliday et son mégatube "L'aventure, c'est l'aventure" en boucle et à fond dans la voiture n'étaient pas de trop pour nous donner du courage...

johnny-hallyday.jpg Merci Johnny

Evidemment, j'en entends déjà certains me dire qu'il ne faut pas partir dans le désert à une seule voiture, risque de s'enliser, nanana, nanana. A ceux-là, je répondrai qu'on avait quand même emprunté un GPS pour marquer notre route au fur et à mesure, qu'on avait une pelle et des plaques solides pour se désensabler, qu'on suivait des traces déjà existantes dans le sable (et là, on ne suivait pas nos propres traces, comme c'était le cas pour les Dupondt!!!), qu'on avait pris suffisemment d'eau pour tenir plusieurs jours en cas de pépin, et que c'était tout de même le week end de l'Eid, donc on était à peu près assurés de croiser quelques voitures dans la journée...

Des paysages magnifiques! les dunes de sable tantot impécablement lissées par le vent, tantot légèrement ondulées, parcourues par les traces de tas de petits animaux bizarres, tombant dans le bleu de l'océan indien. Les belles courbes dorées jouant avec l'horizon bleu de l'océan : Un spectacle
superbe!

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Le temps de s'enliser une fois seulement après avoir échoué dans la montée un peu raide d'une gigantesque dune, on creuse et on dégage le sable autour des roues, on dégonfle un peu les pneus pour assurer plus d'adhérence, on relance Johnny Halliday à fond les ballons et, pied au plancher, me voila propulsé au sommet de la dune! Reste plus à jd qui poussait derrière qu'à me rejoindre, pieds nus dans le sable brûlant...

Après ces quelques km bien sympas, le paysage change : on reste dans le sable mais le décor est relativement plat et parsemé de petits bosquets qu'il faut absolument éviter car ils sont très solides : ils pourraient nous défoncer une roue si on s'en prenait un!

Enfin, après un petit pic nic devant les vagues, on reprend la piste pour tomber quelques dizaines de km plus loin sur des machines de chantier qui construisent une route, une vraie, goudronnée le long de la côte! Du coup, mélange de soulagement et de déception : parti de zéro, l'Oman construit infrastructure sur infrastructure depuis 30 ans, tant mieux pour les villages les plus reculés (quoique je suis pas sûr que ca les arrange plus que ça... ils ont peut être rien demandé, eux...) et tant pis pour le côté "aventurier" du trip!
Bon, heureusement, ca ne change rien au paysage qui est toujours assez impressionnant. On passe ensuite a un paysage plus "far west" : grande plaine désolée, au milieu de laquelle sortent des montagnes isolées, entre lesquelles broutent paisiblement quelques dromadaires, à deux pas de la côte.

Enfin, le soir, arrivée à Ras-Al-Jinz, le village le plus Est de toute la péninsule arabique! Avant de retrouver les Dubaïottes, petit passage par les plages aux tortues : nous restons planqués discrètement à prendre l'apéro pendant 2h au dessus d'une petite plage minée par les passages des tortues les nuits précédentes : nous verrons 4 monstres de plus d'un mètre de long remonter péniblement la plage (super pentue!), creuser un trou d'un mètre de profondeur (!), d'abord avec les pattes avant, puis les pattes arrière, pondre, reboucher le trou puis redescendre épuisées vers la mer. Nous ne sommes allés les voir de près que lorsqu'elles avaient fini le boulot et qu'elles redescendaient vers l'eau pour les déranger le moins possible : vous n'aurez pas le choc des photos (mais que le poids des mots!) car j'avais également un peu peur que le flash les dérange...

Après une nuit un peu agitée (défaite du XV de France...), départ le lendemain vers Mascate, la dernière étape de notre périple... Un peu épuisés par le voyage et la longue soirée qui vient de passer, nous ne ferons qu'une seule halte, mais quelle halte! Le Wadi Shab! en images :

071011-372.jpg L'embouchure du wadi Shab

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071011-360.jpg Les piscines naturelles à l'amont du Wadi : un vrai paradis terrestre! sans parler des grottes aquatiques où je n'ai pas pu emporter mon appareil...

Voila! Je vous raconte pas le plaisir de retrouver un lit et une douche de retour à Mascate... peut être la meilleure partie du voyage!

A plus pour la prochaine escapade!
pel

Mardi 16 octobre 2007
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La visite continue!

Un des endroits les plus sympas de mascate, pour ceux qui n'ont pas peur du sang, des cadavres et de l'odeur qui s'en dégage par 35 degrés celcius, c'est sans aucun doute...


le marché au poisson du port de Mutrah!

Tous les jours, à partir de 6h du matin et jusqu'en début d'après midi, au bord de l'eau entre la belle corniche et le port industriel de la capitale, c'est l'effervescence : pêcheurs, clients, curieux, vendeurs, découpeurs et poissons se bousculent toute la matineé dans un joyeux bordel bruyant, poisseux et odorant...

Les barques de pêcheurs arrivent les unes derrières les autres, les jeunes aident les vieillards à remonter les barques à la force des bras sur les rondins de bois pour, une fois à l'ombre, retirer
des filets tous les beaux poissons pêchés au petit matin, toute la récolte part alors dans des brouettes pour être étalée sur les tapis des vendeurs 10m plus loin à l'abri du marché couvert.

Un beau bordel, ce marché au poisson!
Même si il n'est pas immense immense, je trouve toujours cet endroit extraordinaire, avec les clients qui se serrent dans les allées en évitant de marcher sur la marchandise étalée au sol, les cris des pêcheurs, le brouhaha de la foule, les odeurs de poisson frais, les flaques d'eau de mer mélangée au sang partout parterre, et bien sûr, en fond, les bruits de coup de couteaux et de hachoirs des découpeurs qui vous transforment un thon entier de 70cm en un tas de steak impéccables en moins de 2 minutes...

Au marché au poisson de Mascate (le souq al samakah, pour les arabophones...), on trouve des tas de poissons rigolos dont évidemment je ne connais pas le nom, mais on y croise aussi à tous les coups des requins, des raies, des thons, des murènes, des espadons et des vieux pêcheurs rachitiques à la peau ridée qui respirent le bon vieil Oman traditionnel ... un vrai plaisir!

Bon, bien sûr, pour les estomacs et les coeurs fragiles ou encore pour
ceux qui se sont pris une cuite la veille, ce n'est peut etre pas le coin le plus indiqué, surtout juste après le petit dèj au petit matin... mais il faut tout de même y aller tôt le matin pour éviter de devoir faire face aux odeurs de plus en plus marquées lorsqu'on approche de la fin de matinée : le soleil et la chaleur aidant, les cadavres et les tripes ont tendance à dégager une petite odeur sympa.
C'est d'ailleurs toujours en début d'après midi qu'Ordralfabetix vient acheter son poisson pour le revendre au village des gaulois... Il est frais le poisson, il est frais!

Allez hop, comme d'hab', tout ça avec moult images :

Vue depuis le marché sur la baie de Matrah, cerclée par les montagnes déchiquetées

Au marché ce jour-là, seulement deux intrus : le saoudien (à gauche) et moi...


Une petite criée : le pêcheur vend son poisson à la descente du bateau

Après quelques mots de politesse en arabe échangés, les Omanais sont souvent chauds pour la photo!


Des petites raies de 80cm d'envergure


Un espadon, dont la nageoire dorsale intrigue un Indien

Des poissons perroquets! (ils ont une bouche qui ressemble au bec du perroquet) ceux là, on les voit souvent en plongeant.

On pourrait penser à des bébés espadons, mais chez eux, le pic est sur la machoire inférieure...

Des petits requins de 1m de long au maximum, on en voit à tous les coups!


Couple de murènes... visez-moi un peu les dents...

Les vendeurs de poissons utilisent leurs coumas (leurs petits chapeaux) comme tiroir-caisse!


Une belle pièce! la première découpe a lieu direct dans l'eau : les nageoires latérales, ...

..., la nageoire dorsale, ...

..., et la tête!

Un vieillard endormi et une jeune fille qui observe l'agitation autour d'elle en sirotant son jus...


Le coin de la découpe



Et au bout de la matinée, tout le monde repart content du marché au poisson : les clients avec du poisson frais et découpé, les pêcheurs avec un peu de flouze, et moi avec mes photos, ...

..., seuls les poissons sont perdants dans l'affaire.


Mardi 11 septembre 2007
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hola todos!

Cette semaine, mon ami (omanais) Ishaq m'apppelle et me propose de l'accompagner le soir même à une "soirée dansante", organisée pour le mariage d'un de ses amis. Ni une ni deux, évidemment je saute sur l'occaz et j'accepte volontiers!

A 21h, je le retrouve avec son frere Zachari et je les prends tous les deux dans ma voiture, direction Al Khawd, un quartier un peu éloigné de Mascate, non loin de la grande University Sultan Qaboos.

Nous passons d'abord chez la soeur d'Ishaq, qui habite le quartier, pour que le frère se change pour l'occasion (de la classique Dishdash blanche immaculée, il passe à des vêtements colorés plus sympas!), et c'est l'occasion pour moi de faire la connaissance de la maisonnée : dès lors que je me suis déchaussé et que je passe la porte, les deux jeunes adolescentes me souhaitent la bienvenue : l'une parle un peu français et l'autre, intéressée par ma sacoche d'appareil photo, me dit grand sourire qu'elle étudie la photographie à l'université. Ishaq me fait alors patienter dans le salon des hommes tandis qu'il va prier. Non loin de la, le rideau isolant le salon des femmes s'ouvre et la mère et la soeur d'Ishaq en sortent, voilées mais habillées tout en couleurs, les mains et les pieds décorés de héné, pour me saluer tandis que la petite dernière, petite sauvageonne dans sa robe de princesse, court partout et me dévisage d'un air circonspet...

Malheureusement, à peine le temps d'avaler un jus et d'échanger quelques mots, il faut partir et rejoindre la fête qui ne devrait pas tarder à commencer... Promis on se reverra! Inch Allah!

A trois patés de maisons de là, nous découvrons une rue complètement amménagée : des grands tapis ont été disposés sur une grande zone de 20m sur 20m, prête à accueillir les invités, tandis que des musiciens préparent leurs instruments sous la lumière jaune des spots installés sur les toits des maisons voisines. Beaucoup d'animation, ça court dans tous les sens, ça se salue, ça se donne de grandes tapes dans le dos, ça rigole... les potes du marié sont habillés un peu n'importe comment, juste pour faire les cons (un peu comme chez nous, finalement, les traditions sont un peu les mêmes!). On rentre dans le salon de la maison qui accueille les festivités, des enfants courent partout, j'aperçois les femmes par l'embrasure du rideau qui délimite leur salon, puis nous pénétrons dans le salon des hommes : on s installe par terre autour de grands plats traditionnels (à base de pain iranien) et on déguste (avec la main droite, évidemment... pas facile pour les réflexes des gauchers...). Plutôt épicé, mais à croire que je commence à m'y faire, je trouve ça vraiment pas mal du tout!

C'est l'occasion de faire connaissance avec la dizaine de convives mais la barrière de la langue n est pas facile à franchir... Je croise alors un ami d'ami d'ami d'ami, Koweïtien de passage en Oman (et d'ailleurs, ça se voit à son turban, qui n'a rien à voir avec celui des Omanais ni avec celui des Emiratis) avec lequel j'échange quelques mots, et apparement, il découvre tout autant que moi ce genre de cérémonie!

Après s'être lavés les mains les uns derrière les autres, nous re-sortons et allons nous installer, déchaussés, sur le grand tapis, à côté des musiciens. Le tapis se peuple petit à petit, nous sommes tous assis en tailleur laissant une zone centrale pour permettre aux gens de danser.

Ishaq m'explique alors que cette soirée n'est pas du tout LA soirée du mariage, mais L'UNE des soirées : le mariage s'étale sur au moins une semaine : la veille, c'était la soirée des femmes, ce soir-là, celle des hommes, le lendemain, à nouveau les femmes mais cette fois-ci en salle (dans un grand hotel), ... mais il n'y a pas à tous les coups de soirées mixtes. Ca arrive mais pas pour tous les mariages.

Je regarde alors autour de moi, et, tandis que les musicisiens se lancent dans des chansons traditionnelles et plutôt bien wythmées, je ne vois effectivement que des hommes autour de moi. Et il y a du monde! il y a bien 400 personnes assises sur le tapis sans compter les nombreux badauds qui s'arrêtent derrière les petites barrières de toiles qui délimitent la zone pour regarder tout ça...

Et dans tout ce beau monde, un seul petit blanc-bec qui attire moult regards...

L'ambiance est bien là, la musique transporte tout le monde, les danseurs se déchainent et l'assemblée accompagne les musiciens en claquant des petits batons de bois l'un contre l'autre.

Soirée hyper sympa! dont voici quelques images :









au premier plan, l'ami Ishaq



Jeudi 23 août 2007
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Bonjour à vous tous!

Je reprends la plume peu de temps après le dernier article pour vous donner un petit aperçu de mon dernier week end, passé en charmante compagnie à l'extrême sud d'Oman, à Salalah.

Salalah, c'est peut-être une petite ville (du genre un gros Gouvieux, pour les connaisseurs...) mais c'est quand meme la deuxième ville d'Oman (loin derrière Mascate, quand même) et avant tout la capitale de l'Oman méridional : la région du Dhofar, coupée du nord du pays par 1000 km de vide.

La ville est située au bord de l'océan indien, regardant donc vers le sud, et est encerclée par une (petite) chaine de montagne, qui la sépare de l'immense steppe qui s'étend au nord.


A travers cette steppe, seule une simple route goudronnée relie la ville à la côte nord (bien plus densément peuplée), mais comme Oman est un pays à la pointe de la technologie, Salalah abrite un aéroport international (sisi! ya même des avions qui viennent de Dubaï, dis donc!), ce qui permet d'y aller en 1h30 pour un prix raisonnable et de ne pas se taper les 14 heures infernales de bus tape-cul aller + retour en un week end...

Mais Salalah, c'est aussi et surtout l'endroit vachement à la mode chaque année entre mi juin et mi septembre : l'endroit dont tout le monde parle, l'endroit où il FAUT être vu, bref, l'endroit où il ne fait pas 45 degrés et un cagnard de plomb chaque jour qu'Allah fait...
car à Salalah, à cette période de l'année, c'est le Khareef, à savoir la mousson!

Imaginez un peu le rêve :

un ciel complètement couvert, une humidité ambiante proche des 100%, un crachin breton permanent, une mer démontée dont l'eau est plus froide que la température corporelle (pas comme Mascate, donc) et  un mercure qui ne dépasse jamais les 30 degrés... avec en plus de ça, de l'eau dans les rivières et de la verdure partout!!!

Ca vous parait peut-être peu entraînant comme climat, mais c'est ici considéré comme le paradis... Pour un Omanais, chaque séjour à Salalah est un vrai plaisir! Les Français partent chaque été à la recherche du soleil et de la chaleur vers le sud, sur la côte méditerranéenne, tandis qu'à la même époque, les Omanais partent aussi vers le sud, mais pour fuir la fournaise mascatienne et se réfugier sous les nuages de la mousson.

Alors voilà, l' "autre" Oman, c'est ça :


Du vert, du vert, encore du vert!




Une famille de vacanciers devant les chutes du Wadi Dirbat


D'autres chutes plus en amont sur le même wadi


Trois Omanais, ébahis par l'eau qui coule...

Toute cette fraîcheur est quelque chose de plutôt rare dans le coin...

Seul le Yemen (à une centaine de km à l'ouest de Salalah) est également touché par la mousson qui balaie tout l'océan indien mais qui ne lèche que l'extrême sud de la péninsule. Cependant, les touristes (même ceux venant du Golfe) ne s'y aventurent pas car le Yemen reste un pays à part, reclu sur lui-même, plus pauvre que ses voisins (plus pauvre que l'Oman), dont la population montagnarde est considérée
par les autre pays "peu civilisée", à savoir rude et pas très bavarde.

N'ayant pas d'infrastructures pour accueillir tous ces touristes et étant peu sécurisé (des touristes occidentaux ont encore été pris en otages il y a quelques mois), le Yemen ne concurrence donc pas Salalah.


Du coup, Salalah attire un paquet de monde en juillet et en août, ce qui en fait la première destination touristique pour les habitants des pays du Golfe : les Saoudiens et les Emiratis sont là-bas aussi nombreux que les Hollandais en caravane l'été chez nous en France...  Par contre, comme très souvent en Oman,  très très peu d'occidentaux!  Nous étions  en permanence les seuls européens dans les coins très fréquentés (comme les chutes d'eau ci dessus sur les photos) et on attirait du coup moult regards curieux, amusés ou méfiants...

Et ce n'est pas tout! Pour célébrer la Mousson, un grand festival est organisé du 15 juillet au 15 août dans un grand parc de la ville : fête foraine géante, concerts, musiques et danses traditionnelles, souqs, ... le festival est réputé dans toute la péninsule et attire également moult touristes.

Voici donc quelques photos des danses omanaises que j'ai péniblement prises de nuit, de loin et sans flash... :






Danses traditionnelles omanaises : des hommes uniquement, évidemment...

Voilà donc à quoi ressemble Salalah, qui a été pour Fabienne et moi un vrai courant d'air frais le temps d'un week end de trois jours au milieu de l'été mascato-abudhabien...

Allez hop, question bonus : qu'est ce donc que ça?


Bonnes vacances les machaplouks!

pel, en plein chaud-froid...

Dimanche 5 août 2007
- Ecrire un commentaire - Par pel
Salam les français!

ça fait déjà 6 mois que je suis omanais d'adoption (le temps passe vite, hein, quand meme... c'est vraiment passé comme un feu de paille!), et je me rend compte que je ne vous ai pas encore beaucoup parlé du pays dans lequel j'ai atterri, ni de la ville dans laquelle je vis.

Oman, Mascate.

Par où commencer? Tant de choses à dire pour présenter un pays, une population, une ville, une façon de vivre...

Déjà, où se trouve ce foutu pays que personne ne connait...?

Franchement, pour vous dire la vérité, quand Sogreah m'a parlé d'Oman, la première fois au téléphone, je faisais mine de connaitre, à l'aise blaise, mais je me ruais en même temps sur la carte (large) d'Afrique affichée sur le mur pour essayer de situer grossièrement ce truc bizarroïde où on me proposait de partir...

Après coup, je me suis rendu compte que sur 10 personnes de mon entourage (vous, finalement! hahaha!), disons que 6 n'en avaient jamais entendu parler ou bien confondaient avec Le Mans, dans la sarthe,  3 se disaient bien avoir déjà vu ce mot là  quelque part, un seul connaissait, et 0,0034 y étaient déjà allés.

Bon. autant dire que, pour un français, c'est le trou du cul du monde.

Eh bien, Oman, c'est avant tout un sultanat, et dans un sultanat, il y a avant tout un sultan.

His Majesty Sultan Qaboos bin Said bin Taimur, arrivé au pouvoir en 1970 en renversant son père His Majesty Sultan Said bin Taimur bin Faycal. Un type qui a une bonne bouille, vraiment l'air sympatoche, honnête, tout ça, toujours propre sur lui, et même assez beau gosse avec pourtant la soixantaine passée!

Mais attention, le sultan, ici, ce n'est pas juste le chef de la nation. c'est une sorte de dieu, il est omniprésent, il est adoré, il EST Oman, on ne peut pas ne pas connaitre sa tête, son portrait est affiché PARTOUT. dans tous les bureaux de toutes les administrations, dans tous les hôtels, dans tous les restaurants, dans tous les magasins, sur la une de quasiment tous les journaux, sur la façade de quelques grands bâtiments,  et même des fois sur le parbrise arrière des voitures...

Pour m'omaniser vraiment à fond, je n'ai pas hésité à  me glisser dans le marché noir des portraits du sultan (pour vendre des portraits de His Majesty, les magasins doivent avoir une licence, j'ai eu affaire à des types qui cachaient ca dans l'arrière boutique...) et je commence ma collection de portraits. Sultan Qaboos trone donc en trois exemplaires différents dans mon entrée, et je n'en suis pas peu fier!

tenez, pour la peine, voilà la bouille du gus en question :


Ce type a une vraie classe, c'est vraiment impressionnant...

Bon, à part le sultan, Oman est avant tout un pays tranquille. Quand on le compare à ses voisins, finalement, c'est vraiment un havre de paix! Le Yemen au sud, l'Iran au nord, le Pakistan au nord est, l'Irak pas bien loin au nord ouest, sans parler des voisins un peu plus lointains la somalie, le liban, israel, le sri lanka, le népal... rien à dire, ici, on est au calme. D'après les statistiques nationales de 2006, un (oui, UN) homicide volontaire en 2006 dans le pays... zéro délinquance, pas de vols, pas d'agressions, pas de haine, rien. ici, les gens cohabitent dans la joie et la bonne humeur, en tout cas en apparence, et n'ont pas de souci de sécurité.

Et pourtant, Oman est loin d être un pays monoculturel... Sur un peu plus de 2 millions d'habitants, il y a au moins 500.000 expatriés dont la plus grande partie est originaire du sous continent indien : Indiens, Pakistanais, Srilankais, Bangladais... A ceux-là, on ajoute les Omanais d'origine Est-africaine (Oman avait des colonies sur la cote Est de l'Afrique, Zanzibar en particulier au siècle dernier) les Irakiens, les Syriens, les Egyptiens, les Jordaniens, les Maghrebins et les quelques Occidentaux. Ca fait un beau mélange! Tout le monde reste à sa place (culturelle et sociale) mais tout le monde cohabite tranquilou.

Oman, c'est grand en gros comme les deux tiers de la France. Dans tout ça, il y a en grosso modo un quart de zones montangneuses (surtout le long de la côte nord, non loin de mascate, la capitale, où j'habite, pour ceux qui ne suivent pas), un quart de désert de sable (un "petit" désert, les Wahiba Sands, pas trop loin de Mascate et aussi le "Empty Quarter", à l'Ouest du pays, qui n'est qu'une petite partie du désert qui compose la majeure partie de l'Arabie Saoudite) et le reste c'est du désert caillouteux à perte de vue.

Allez, hop, une belle carte du coin pour illustrer tout ça :


Oman, entre la péninsule arabique et le sous continent indien

Contrairement aux esprits butement fermés qui pensent qu'Oman ne se réduit qu'à un vaste bac à sable sans grand intérêt (et ne me dites pas que vous ne l'avez pas déjà pensé!), il y a moult coins super sympas et moult paysages de folie dans ce pays méconnu : les villes de Mascate, Sur ou Salalah (au sud) sont en plein développement mais restent encore très authentiques, les montagnes du nord du pays (Djebel Akhdar) et leurs oueds, leurs canyons et leurs villages perchés me coupent toujours et encore le souffle à chaque fois que je pars y randonner, le désert de sable au lever du soleil est un spectacle magnifique et la pluie de la mousson dans le sud du pays donne un coup de fraîcheur au pays pendant tout l'été (verdure, pluie, torrents, ... le bonheur!)...

Bref, je vous garantis qu'il n'y a pas de quoi chômer pendant les week ends par ici!

Je suis déjà arrivé à la moitié de mon séjour ici, et il me reste encore tant de jolis coins à aller voir!

Allez hop, quelques exemples en images :

Les montagnes qui bordent la côte nord (point culminant : Djebel Shams, 3000m) regorgent d'oueds (ici, on appelle ça des wadis) vertigineux dans le genre...



Le snake canyon (Wadi Bani Awf), vu d'en haut : à 2000m d'altitude, 100m de profondeur et jamais plus de 10m de large...




Des professurs de l'université de Nizwa qui nous invitent à manger des dattes et boire le Kahwa (le café, quoi...) à l'ombre d'un acacia, au fond du wadi à l'amont du canyon


Deux jeunes frères omanais, avec lesquels j'ai échangé quelques notions d'arabes et d'anglais. On s'est mutuellement appris à compter jusqu'à cinq! un bon début pour casser la glace...

La pointe de Musamdam, enclave omanaise coincée entre les Emirats Arabes Unis et le Détroit d'Hormuz, chaine de montagnes déchiquetée, abrite des tas de "fjords" où nagent dauphins et moults autres espèces marines. Paysages extraordinaires...


Week end début mai, avec Fabienne, à Musamdam : une route, deux trois villages et des paysages de rêve


Fabienne, au réveil, sort de la tente sur une plage sur la côte Ouest de Musamdam, regardant donc vers l'intérieur du golfe : au loin, très très loin : le Koweit et l'Irak...


Des paysages zouf-dingues rien que pour nous!


Un Dhow, bateau traditionnel de pêcheurs, échoué sur une plage à Musamdam


La jolie mosquée de Dibba, à l'entrée de la péninsule de Musamdam

Le désert de sable des Wahiba Sands est un must d'Oman : des dunes à perte de vue dont on ne peut profiter vraiment que tôt le matin, quand il ne fait pas encore trop trop chaud et lorsque la lumière n'est pas encore trop écrasante :


Mieux vaut ne pas s'égarer...


Bon, la, je triche, c'est une photo de Fabienne aux Emirats Arabes Unis... le petit dromadaire n'a que quelques heures, il marche mal et on voit encore le cordon ombélical pendouiller


Où est Charlie?


Une bédouine du désert et sa petite-fille, rencontrées avec Maman Loisel et Seb

Encore un petit tour dans les montagnes du Djebel Akhdar (la "montagne verte", en arabe!) : le Sayq plateau, où il fait 15°C de moins que sur la côte... Idéal pour se refraîchir quand on flirte avec les 45-50°C à Mascate pendant l'été!


Les cultures de roses en terrasses de Sayq plateau : on était passés début mars 2007, un poil en avance pour voir les plantations en fleur...


Un ptit jeune Omanais, fier de nous montrer comme il sait sauter de 10m de haut dans la piscine naturelle au milieu du village


Johann, Cédric et JD, randonneurs du dimanche (enfin, du vendredi...) à Sayq plateau


Les petites cultures autour de la mosquée d'un village perché dans les montagnes à Sayq plateau


Apéro au soleil couchant au bord de la falaise

 Tout cela sans parler de l'hospitalité omanaise, qui est loin de n'être qu'une légende!
Un exemple, parmis d'autres, mi juin 2007...

Je gare ma voiture sur le bas côté d'une route au milieu de nulle part, du côté d'Ibri, à l'est du pays, et j'attends fabienne, venant des Emirats et qui me ramène Max et fifty, vieux couple de copains (qui se tapent dessus en permanence mais qui au fond, ne peuvent pas se passer l'un de l'autre...), venus me rendre visite le temps d'une semaine. Au bout de vingt minutes, un pick up passe, s'arrête et le conducteur, 25 ans à peine, grand sourire, ne parlant pas un mot d'anglais m'invite à prendre le café et à manger des dattes (oui, je sais, c'est toujours du kahwa et des dattes, mais c'est la spécialité d'ici...). Allez hop! Tant pis pour les autres s'ils sont en retard, j'accepte volontiers et je me retrouve invité d'honneur dans une ferme, où habite une grande famille, pseudo bédouine. Ne pouvant pas nous comprendre, nous avons du user de nos connaissances en langages des signes et griffonner des petits dessins sur le deuxieme de couverture de mon bouquin!

les autres finissent par arriver et sont conviés aux festivités : nous refusons poliment le repas du soir pour nous garder notree soirée de retrouvailles, mais nous acceptons l'invitation pour le lendemain!

En images!


le courant passe très vite très bien entre Fabienne et les jeunes filles de la famille...



Le courant passe très vite très bien entre les dromadaires et moi...


La famille au complet (sans les femmes, évidemment, qu'on ne montre pas). Un accueil de folie!


Et avec tout ça, un repas de rois! Ils nous laisseront par contre manger seuls avant de nous rejoindre pour la deuxième partie de soirée.

Voilà, en quelques modestes images, à quoi ressemble le Sultanat d'Oman!

A bientôt tous!

pel, le bédouin
Dimanche 8 juillet 2007
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L'été où est-i? disait notre regretté boby...

et bien l'été est la, et il est meme bien installé, ici, à muscat, avec ses températures dans le rouge et son humidité étouffante...

finalement, j'ai eu pas mal de chance d'arriver dans le coin début février, au milieu de l'"hiver" arabe. Le vent brulant de 11h du soir m'avait déjà surpris à l'ouverture de la porte de l'avion qui venait de se poser à l'aéroport de Muscat, mais ca n'était QUE le milieu de l'hiver...

C'était sans doute la période la plus agréable de l'année (ou la fin de cette période, en tout cas) et depuis, le mercure n'a pas cessé de grimper. J'ai donc eu de la chance de m'acclimater au fur et à mesure et non pas de débarquer et de me liquéfier sur place avant même d'avoir dit ouf.

On est le 8 juillet, il est 15h18 et il fait 42 degrés, dehors, à l'ombre.

La clim nous rend la vie supportable à l'intérieur avec 31,5 degrés minimum, et cela dure du matin très tôt (vers 7h30, il fait déjà 39 degrés) jusqu'à tard le soir, vu que le soleil ne se repose pas beaucoup ces temps ci. Effectivement, Mascate se trouve presque pile poil sur le tropique du cancer et on avait donc le soleil au zenith parfait il y a 2 semaines!


Grâce au splendide thermomètre que m'ont ramené Mika et Aurélie (merci beaucoup, on n'en trouve pas ici...), je peux avoir une petite idée quantitative de la canicule omanaise : le maximum enregistré jusqu'à présent est de ... 53 degrés! Bon, je pense que c'était au soleil, mais quand même, passer la barre symbolique des 50 degrés, ca fait quelque chose!

Officiellement, la température ne dépasse jamais 50 degrés.
Pourquoi donc?
Parce que à partir de 50 degrés, le travail des ouvriers à l'extérieur est censé s'arrêter... et comme personne ne veut que les chantiers soient stoppés, la température officielle donnée par le département de météorologie ne dépassera jamais cette fameuse barre symbolique. vraiment pas de bol pour les travailleurs bangladais!

Mais le plus dur à supporter n'est pas la température : c'est l'humidité qui est la plus écrasante.
Le moindre pas dehors, le simple escalier monté, la plus petite poubelle descendue dans la rue vous met en nage immédiatement. Il faut apprendre à vivre avec la sueur qui dégouline en permanence, avec les sourcils saturés et les gouttes qui tombent dans les yeux (oulala ca pique), avec les vêtements bons à essorer et l'eau qui se condense sur les vitres à l'extérieur (il faut parfois utiliser les essuie glaces!).


Le dernier week end de camping que j'ai fait sur la plage (avec max le rouquin et fabienne l'émiratie), mi juin, aura été clairement le dernier avant septembre... on a passé notre soirée et meme notre nuit entière à transpirer à groOOOosses gouttes (imaginez vous le hammam avec la chaleur du sauna et les poils de nez qui brulent quand vous inspirez...), et ca ne sert franchement à rien d'aller faire un tour dans l'eau, l'eau ne rafraichit pas, l'eau est chaaauuude et c'est désespérant...

Par contre, dès qu'on s'éloigne de la cote et qu'on grimpe un peu dans les montagnes, ca devient plus gérable, la température descend doucement, c'est moins humide et on peut même avoir un peu de vent quand on a de la chance!

Voilà, du coup, pour fuir la fournaise le week end, deux solutions : partir en montagne vers 2000m d'altitude ou se réfugier dans les profondeurs du golfe d'oman... à 15 ou 20 mètres de profondeur, l'eau est "bonne".

Bref! C'est parti pour trois mois d'enfer, enfin presque quatre... de début juin à début septembre.
Les trois mois les plus durs sont juin juillet et aout, c'est pas facile en mai et septembre mais bon, ca va et c'est tout à fait (sur)vivable d'octobre à avril...


Avis aux amateurs qui voudraient venir faire un petit tour... le dernier visiteur (surprise, d'ailleurs), j'ai nommé feRrnAndO gOncAlVeS, vous dira ce que ca fait de se cacher dans un coffre de voiture sous une tonne de bagages pendant 30 minutes alors qu'il fait déjà plus de 35 degrés à l'extérieur...

Bref, il est temps d'aller boire un coup pour se rafraichir! (de l'eau, évidemment...)

A bientot, tout le monde, et encore une fois bon anniversaire aux parents loisel!

votre envoyé spécial chez les bédouins,

pel

Jeudi 5 juillet 2007
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Jeudi 7 juin, 6h du matin.

La pluie s'est presque arrêtée. Gonu semble avoir décidé de quitter le coin pour aller plus au nord, vers l'Iran. Pas mécontent de voir un coin de ciel bleu entre les derniers nuages menacants! Quelques rayons de soleil nous font meme l'honneur de percer le ciel chargé.

Comme les maisons ont les toits plats et qu'il n'y a personne au dessus de chez moi, mon plafond pisse comme une passoire : il faut dire que c'est une piscine au dessus! Branle bas de combat, on sort seaux, casserroles, bassines, plantes vertes et on positionne ca strategiquement pour ne pas que l'eau traverse le plancher pour aller inonder le voisin du dessous!

On reprend la voiture à 7h pour aller voir de quoi a l'air Mascate au lendemain de la fin du monde.

Dans mon quartier, à part quelques arbres arrachés, tout semble à peu près en état. Une seule idée en tête : réussir à rejoindre le Wadi Aday, LE plus gros Wadi de Mascate, qui nous interesse moult, vu que notre projet de barrage est sur ce wadi.

Au bout de 15 minutes de voiture par les petites rues secondaires et grace a ma connaissance parfaite du reseau routier de la capitale ;-) , nous arrivons à proximité de wadi aday. Cette zone est drolement stratégique : elle concentre le plus gros risque d'inondation (énorme wadi) et le plus gros aléa (zones commerciales, autoroute et habitations construites dans le lit même du wadi).

Ce qui nous attend la bas est un paysage lunaire, impressionnant. La désolation est complète. On a l'impression que toute la zone a été bombardée pendant toute la nuit. Une machine de guerre est passée et n'a rien épargné.

Des coulées de boue de plus de 2m de haut, les cailloux et graviers transportés par l'eau recouvrent les routes, les ronds points, les maisons de parfois jusqu'à 3m de hauteur. Les voitures réduites en miettes, les magasins éventrés, ...

Je laisse les images parler d'elles mêmes... :

Les routes recouvertes de 40cm de boue à 600m du lit du wadi.

une voiture au mauvais endroit au mauvais moment... il s'agit normalement d'un beau rond point avec parterres de gazons et jolis trottoirs.

un petit vieux fait trempette devant un magasin éventré

Une famille d'Indiens tente de traverser à gué le Wadi, dont la crue a été aussi rapide que la décrue. Ici, le lendemain du cyclone, le débit est ridicule par rapport à la veille.

 

le centre commercial : un paysage de folie

un écran plat, sorti tout seul du magasin...

le passage sous le pont s'est transformé en wadi de fortune... la chaussée à l'aval n'a pas supporté!

des omanais devant ce qu'il reste d'une voiture emportée par le wadi aday

Thierry et moi marchons sur l'autoroute!

image exclusive : les omanais sont toujours vetus d'une dishdasha d'un blanc immaculé...

un pakistanais prend en photo une route hachée menue

un 30 tonnes, aspiré dans une faille ouverte par l'eau en crue

au fond à droite, un camion citerne plein d'essence... autant vous dire qu'on ne s'est pas éternisés...

le lendemain du cyclone, les gens profitent de l'eau qui coule dans le wadi pour faire une lessive ou se baigner.

à gauche, la mer, à droite, la mangrove (embouchure du wadi). la route cotière a été rayée de la carte sur plus de 100m.

Nous marchons pendant plus de 4h à travers la ville pour admirer le travail de l'eau.

On se croirait vraiment dans un flim catastrophe hollywoodien : après la fin du monde, les survivants pointent le bout de leurs nez dehors et déambulent dans les rues, abassourdis par ce qu'il vient de se passer. Plus rien ne semble en état de marche. Les hélicoptères de l'armée sillonnent le ciel, les pakistanais fouillent tous les debris que l'on trouve dans la rue, à la recherche d'objets en tous genres, pour se faire un peu de sous. Des militaires armés sont postés devant tous les magasins et les banques pour éviter les pillages violents. Les gens luttent pour se déplacer, les routes étant soit coupées, soit recouvertes de boue, soit complètement bloquées par la circulation.

Les premières données hydrologiques qui tombent estiment à 900mm la hauteur d'eau tombée en 24h... ce qui reviendrait à plus qu'une pluie millénale, à savoir que l'on a connu LA pluie qui a moins d'une chance sur mille d'arriver. la crue du millénaire, finalement...

Pour quelqu'un comme moi qui travaille dans ce domaine précisément, c'est une chance inespérée. Je jubilais déjà de vivre la crue que l'on a eue en mars (c'était une vingtenale...), alors imaginez la chance que j'ai eue!

 

Vendredi 8 juin 2007
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Salam aaleykoum, les francais!

Je ne sais pas trop si les medias occidentaux en parlent, mais Oman est actuellement completement sous le choc du passage de l'ami gonu, il y a deux jours maintenant, le 6 juin.

je n'avais encore jamais connu de cyclone, en tout cas pas personnellement, mais alors, nom d'une pipe, quand il passe dans le coin, il laisse des traces!

Le pays est en alerte maximum depuis le 5 juin à peu près, à cette date, gonu s'annoncait en effet en tant que cyclone de catégorie 5, à savoir un vrai monstre, qui ne laisse rien derriere lui, absolument rien. Evacuations, barricades, radio appelant au calme, routes fermées, tout ca dans une ambiance de calme avant la tempête... le front nuageux tarde beaucoup à arriver comme prévu, par le sud est. gonu arrive vers Mascate en remontant la cote depuis la cote Est, après avoir ravagé Sur. Les vents de plus de 200km/h sont annoncés, la mer déchainée (creux de plus de 10m de haut), et des pluies diluviennes sont à prévoir.

De mon côté, je suis partagé entre la joie furieuse d'avoir la chance de connaitre la tempete du siecle à Mascate en n'y passant qu'un an, et le dégout que cela doive arriver le 1er jour de la première semaine de vacances que je prends (d'autant plus qu'un rouquin qui pue vient d'atterir a Dubai et attend que je le rejoigne...).
Pour Dubai, ca ne sera pas pour tout de suite, évidemment. Le cyclone est annoncé pour le soir du 5 juin, mais il s'affaiblit et il ralentit. Il passe en catégorie 2 et n'arrive que le 6 au matin.

Je n'ose pas imaginer ce à quoi peut ressembler un cyclone de catégorie 5... vu ce que le catégorie 2 nous a laissé ici.

voici un portrait robot de l'ami gonu, peu de temps avant qu'il pose ses fesses à Mascate :


A l'ouest de l'oeil du cyclone, Oman. La pointe la plus Est du pays, c'est Ras Al Hadd (lieu de nidification des tortues, elles ont du jongler avec leurs oeufs, cette nuit la...), un peu plus à l'ouest, Sur, puis la bosse, sous le parallele 24°N, Mascate.

Un collegue venu de Grenoble, Thierry, est avec moi à Mascate depuis la veille. Le 6 juin, alors qu'il pleut comme vache qui pisse, on sort faire un tour, évidemment en restant prudents, mais après tout, c'est aussi notre boulot, donc on veut avoir des images. On n'aura pas l'occasion d'aller très loin, et ce n'aura pas été au plus fort de la tempête,  mais voici ce qu'on a vu :


un des "petits" wadi de mascate qui sort de son lit



le ministère de l'eau et de l'électricité et son parking...



un gustave qui regarde l'eau couler avant de s'enfuir en courant (trois heures plus tard au même endroit, je n'avais plus pied...)



l'unique autoroute de Mascate



l'eau qui ruisselle dans les rues a emporté la chaussée entière sur 100m



le grand air sur la plage de Mascate... la mer est déchainée et boueuse et la visibilité est très mauvaise.


Le cyclone aura finalement épargné Mascate sans l'épargner : Gonu le cyclope sera en fait passé au Nord de la côte omanaise en se dirigeant vers l'Iran sans vraiment nous survoler. Par contre, il nous aura bien fait comprendre qui est le plus fort...

Plus de poids (des mots) et plus de choc (des photos) dans le prochain article, avec les images de ce qu'il reste de Mascate...

A plus!

Pel

Mercredi 6 juin 2007
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